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 "L'orgue" de la salle Pleyel

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flûte harmonique



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Jeu 31 Oct - 23:13

J'ai une immense admiration pour JG et j'adore l'Alpe et Zürich.
Ce que je déplore c'est qu'une bien maigre troupe l'ait suivi...hélas.
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hypérion



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Jeu 31 Oct - 23:19

On commence compter nombre de nasards et de tierces harmoniques...
C'est un début !
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Jeu 31 Oct - 23:35

hypérion a écrit:
Coupez tous les tuyaux, foutez-y un tempérament Wermeister dézingué, jetez-moi cette ranquette affreuse, mettez une grosse grambe et une énorme céleste, enlevez des notes aux claviers (pas autant au II qu'au I), supprimez le 2' du P et mettez le au II, redressez le hautbois en érection, réduisez les tailles de cette mon(s)tre du I... Virez cette électronique trop fiable ! Faites-en un orgue français !
Mais non, il s'agit simplement de corriger certains défauts, car cet orgue est bourré de qualités, mais pas que...
Quand ce sera fait, il devrait avoir encore plus de qualités, si si. geek

Pour les nazards et tierces harmoniques, j'accepte si ils sonnent bien. Si c'est pour avoir des trucs complètement ternes et sans vie, non.
A marseille, la tierce 3'1/5 est harmonique mais pas les autres. Aucun nazard n'est harmonique, mais aucun n'est homothétique. En fait jamais un rang de mutation n'est homothétique chez moi. Ben voui.
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Orguevirtuel

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MessageSujet: "L'orgue" de la salle Pleyel   Jeu 31 Oct - 23:53

Hypérion a dit :
Là : http://antoine.pietrini.perso.sfr.fr/index.htm

Cette URL ouvre sur une page intitulée "Les orgues conçus par ou avec Jean Guillou"
La première ligne dit : "Le projet (non réalisé) pour Auxerre" et cette ligne est un lien vers un projet de JG et Jean Dunand.

Ma question et elle est importante pour moi : peut-on considérer que ce projet est une soumission ?
Pourquoi importante ? Pour la simple raison que je n'ai jamais eu accès aux soumissions de l'orgue de la cathédrale d'Auxerre. Pourquoi ? C'est une hérésie de vouloir poser cette question ! ! !

J'étais très naïf et trop direct ; ça m'a valu de me faire traiter publiquement de rat de tribune et n'a pas empêché qu'on me demande mes recherches pour établir le dossier (gain de temps et d'argent) ; le reste est à l'avenant...
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hypérion



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 0:04

Désolé, cher ami, il faudra attendre qu'Antoine réponde sur ce point : je ne sais pas à quelle source il a puisé ces renseignements ! Par contre, j'étais assez rigolard de le voir découvrir aujourd'hui un projet si intéressant que tout le monde (surtout lui) ignorait !
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dulciane

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 0:39

Et d'un seul coup deux ou trois têtes bien pensantes on décrèté que tout çà, c'était de la merde, et que la pureté du geste venait de Dom Bedos de Celles.


Il me semble qu'avant cela, on a aussi essayé d'imposer une seule entreprise de facture d'orgue et qu'on a massacré en restaurations quelques chef d'oeuvres un peu trop "romantiques" non?
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escolore



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 0:55

flûte harmonique a écrit:
Et puis, bon, parce que finalement, depuis quarante ans, c'est quand même le seul à prospecter, à proposer et à convaincre, à débroussailler, à oser, à réussir, et surtout à l'étranger sans aucun facteur français (tiens, tiens...)
J'ai lu Mülheisen dans cette liste de travaux... (tiens, tiens...)
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 9:55

dulciane a écrit:
Il me semble qu'avant cela, on a aussi essayé d'imposer une seule entreprise de facture d'orgue et qu'on a massacré en restaurations quelques chef d'oeuvres un peu trop "romantiques"  non?
Ce n'est pas le même contexte! Jamais Gonzalez, et par la suite Danion n'ont renié la modernisation des orgues. L'attribution des marchés publics étant faite arbitrairement (est-elle mieux maintenant? Hum! Hum!) il y avait Gonzalez... et Gonzalez.

Le "massacre de quelques chefs d'oeuvre romantiques" démontre bien que l'image de l'orgue n'était pas figée dans l'esprit des commanditaires, l'orgue était censé "évoluer" suivant les modes et les besoins.
L'orgue ainsi modifié devait être à coup sûr plus performant et plus pratique: on augmentait les claviers à 61 notes, on rajoutait des jeux, on changeait la transmission injouable, on rajoutait un combinateur...

C'est plus tard que la régression a commencé: On retire tout ce qui pouvait faire allusion à un orgue "moderne", on remet les claviers à 54 notes, on rétablit le pédalier à la française injouable, en fait on privilégie un instrument "comme il était à sa construction", sans se soucier de savoir 1) s'il était fonctionnel à l'époque, 2) si on peut l'utiliser une fois restitué. On en arrive maintenant, et on reboucle avec le sujet du départ à avoir un orgue historique reconstitué comme à l'origine (ou qu'on suppose comme tel en inventant ce qui arrange le TC), complètement injouable parce-qu'il faut pomper à deux, que le diapason est à 408Hz , que c'est un clavier de 43 notes à octave courte, que le tempérament ne permet que DO-SOL-FA majeur, que la mécanique très dure se dérègle en une semaine... Et un numérium dans le choeur de l'église pour tous les usages courant qu'on aurait dû faire avec l'orgue.

lol! 
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hypérion



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 11:04

On ne pourra pas enlever à Guillou sa probité et la juste adéquation de sa pensée avec les usages (jouer le plus grand nombre d'oeuvres dans leur esprit, et pas au pied de la lettre -les orgues historiques étant là pour le faire), ne pas être servile avec le passé (ses orgues son neufs et offrent des possibles que l'on doit chercher, on nous les confie pour créer encore sur la base de ses propres avancées) mais respectueux de ce riche passé (il n'a jamais prôné la destruction des orgues anciens, jamais demandé leur dénaturation. Son livre est explicite : dans le cas d'une restauration, on ne dénature pas le passé, on évalue à sa juste valeur chaque partie et on complète par des apports nouveaux qui ne sont pas connotés ou qui ne sont pas des copies, des à-la-manière-de, justement pour accroître le potentiel expressif -lequel est finalement le seul but : faire de la musique signifiante -but oublié par les experts, les facteurs d'orgues et les organistes ---pas tous---...).
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hypérion



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 11:48

escolore a écrit:
flûte harmonique a écrit:
Et puis, bon, parce que finalement, depuis quarante ans, c'est quand même le seul à prospecter, à proposer et à convaincre, à débroussailler, à oser, à réussir, et surtout à l'étranger sans aucun facteur français (tiens, tiens...)
J'ai lu Mülheisen dans cette liste de travaux... (tiens, tiens...)
Mülheisen qui a fait l'orgue de Cannes...
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hypérion



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Ven 1 Nov - 11:52

dulciane a écrit:
Et d'un seul coup deux ou trois têtes bien pensantes on décrèté que tout çà, c'était de la merde, et que la pureté du geste venait de Dom Bedos de Celles.


Il me semble qu'avant cela, on a aussi essayé d'imposer une seule entreprise de facture d'orgue et qu'on a massacré en restaurations quelques chef d'oeuvres un peu trop "romantiques"  non?
Mais le postulat de synthèse de deux esprits historiques (le classique brillant et le romantique large et orchestral) initié par les tenant du néoclassicisme partaient, déjà, sur une base viciée, d'allégeance à deux époques passées, difficilement définissables parce que riches de tant de diversité qui, si elles ont permis qu'éclose une littérature, s'est fourvoyée en destructions irrémédiables et en approximations techniques, et surtout en dictat gonzalezien-danionien...

On ne peut pas construire un avenir en étant trop servile envers le passé (on ne revit pas la vie de son père !)...
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dulciane

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 12:52

[...]Ce n'est pas le même contexte! Jamais Gonzalez, et par la suite Danion n'ont renié la modernisation des orgues. L'attribution des marchés publics étant faite arbitrairement (est-elle mieux maintenant? Hum! Hum!) il y avait Gonzalez... et Gonzalez.[...]

peut être le but était plus louable car tourné vers un progrès et une évolution de l'instrument et non un servile recopiage de passé néanmoins il me semble que les ingrédients pour la suite étaient là: cooptation de marchés par le(s) facteurs en accord avec un petit groupe d'experts qui détiennent la vérité sur ce que devra être un orgue. Il est évident que, comme la génération suivante maudit la précédente, un retour de balancier allait, avec les mêmes principes de fonctionnement, donner une néobaroquisation en réaction. Seul le contenu technique change mais la manière de procéder et la vision étriquée reste, à mon avis, les mêmes.

Assez d'accord avec Hyperion d'ailleurs.

Ceci étant le problème de création se poserait moins si les budgets permettaient de construire un instrument neuf dans le même édifice que l'ancien qui sera restauré. Je suis surpris dans d'autres pays de voir parfois 3 grands orgues dans la même eglise. Chacun avec leur style. Quand on ne gère que des restaurations a minima, il est vrai que l'élan créateur et artistique est vite limité, on prend ainsi vite l'habitude de se parfaire en copie d'anciens.
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Orguevirtuel

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MessageSujet: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 21:50

Bonjour

Je suis fortement enclain à penser que ma question n'aura pas de réponse !
Qui n'avance pas recule, parce que la stagnation (copie, etc) n'apporte pas grand chose...
J'ai tendance à croire qu'il n'y aura, pratiquement, jamais d'innovation en matière sonore. Pour les jeux d'accompagnement d'offices, il ne faudra pas espérer entendre autre chose que ce que tout le monde connaît déjà... Là dessus, c'est presqu'un postulat.
Maintenant, pour des jeux de détail ou, pour des nouveaux mélanges, TOUT semble-t-il avoir déjà été dit ?

Par exemple, mettre un orgue neuf (Cavaillé-Coll) dans un buffet ancien (Les Andely), ce n'est pas une innovation. Lorsqu'on voit le buffet d'en bas et qu'on a l'opportunité, comme ça m'est arrivé de pouvoir monter à la tribune avant un office, pour voir la console, il n'est pas nécessaire de demander de qui est l'instrument ! J'ai été choqué, puisqu'il faut traverser l'instrument pour accéder à la console (lorsqu'on la voit, il n'est plus nécessaire de poser des questions).

...

En matière de buffet ou de non buffet, on peut inventer à l'infini ! ! !
En aparté, je viens de voir l'orgue de la cathédrale de Coventry (dimanche 3/11/2013 de 18h à 19h45) sur arte ; c'était le "war requiem" de Benjamen Britten. Je vais me précipiter sur le net pour voir des photos de cet instrument...
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 22:19

Orguevirtuel a écrit:
J'ai tendance à croire qu'il n'y aura, pratiquement, jamais d'innovation en matière sonore. Pour les jeux d'accompagnement d'offices, il ne faudra pas espérer entendre autre chose que ce que tout le monde connaît déjà... Là dessus, c'est presqu'un postulat.
Maintenant, pour des jeux de détail ou, pour des nouveaux mélanges, TOUT semble-t-il avoir déjà été dit ?
Oui, on peut raisonnablement penser que tout a été inventé pour ce qui est des jeux. Il doit en exister quelquechose comme 400 différents. Dom Bedos en cite une bonne vingtaine, c'est dire s'il en manque... J'ai recherché avec Jean Guillou, il en cite environ une cinquantaine... Pas si mal! cheers

La france est d'une pauvreté sans nom au niveau des jeux de l'orgue sans compter sa frilosité à avoir des boites expressives...

Un exemple: Ce matin pour l'accompagnement du chant de communion, j'avais Violoncello 8-Gemshorn 8- French horn 8 (jeu d'anches) du clavier de solo. Se rajoutaient Traverso 8-Diapason 8- Gambe 8- Flute octaviante 4- Octave 4- Flûte cônique 2 du récit-écho pour renforcer si besoin.

Tous les orgues ne permettent pas ce genre de fantaisie, et c'est bien dommage.

Le retour à l'orgue du XVIII° siècle, soit néo-classique, soit néo-baroque a considérablement amoindri le choix des jeux. Pour comparer, voici la composition du clavier de GO de l'orgue de Dudelange (L) et de Notre Dame de Paris (F)

Dudelange Paris
Prinzipal* 16 Violonbasse 16
Bordun* 16 Bourdon 16  
Majorprinzipal* 8 Montre 8  
Minorprinzipal* 8 Viole de Gambe 8  
Seraphon Gedackt* 8 Flûte Harmonique 8  
Fugara* 8 Bourdon 8  
Gemshorn* 8
Rohrflöte* 8
Quinte 5 1/3
Octav* 4 Prestant 4  
Flûte harmonique* 4 Octave 4  
Terz 3 1/5
Quinte* 2 2/3
Octav* 2 Doublette 2
Terz* 1 3/5
Großmixtur 3-4 fach Fourniture harmonique II-V rangs
Mixtur 4-5 fach Cymbale harmonique II-V rangs
Bombarde 16 Bombarde 16
Trompete* 8 Trompette 8
Horn 8
Clairon Clairon 4
L'orgue de Dudelange, c'est 2/3 de celui de NDP. Un monde les sépare pourtant: L'un se base sur les décibels (NDP) et l'autre sur la richesse des timbres et l'effet de masse (Dud)
Ce que j'ai indiqué pour le clavier du GO vaut aussi, hélas pour les autres (positif expressif et récit expressif)
Et encore! à NDP il y a 4 jeux de fonds 8 au GO. Quand les néo's seront actifs, il n'y aura plus que trois fonds de 8: Montre 8-Flute 8-Bourdon 8 (Chartres par exemple) et progressivement on passera à deux: Montre 8-Bourdon 8 comme à Auxerre ou même un seul: montre 8 comme à Evreux. Tout autre commentaire est superflu. On voit où est la misère.

Pour se consoler ou pour se suicider suivant les cas, on comptera les jeux de fonds de 8 du GO de l'orgue Wanamaker... 22 jeux de 8' différents dont deux jeux à deux rangs ( Gambe et Nazard-flute) donc 24 tuyaux d'unisson sur le même clavier évidemment! What a Face 


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Orguevirtuel

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MessageSujet: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 23:24

Bonsoir

Sur l'utilisation des boîtes expressives : par curiosité, quel est l'intérêt d'avoir plusieurs plans sonores avec chacun sa boîte ?

Sur l'orgue qui est en avatar, le récit est au dessus de la console (qui, elle-même, est enfermée au milieu de l'orgue) ; même avec toutes ses anches, lorsque la boîte est fermée, on l'entend 'un peu', mais il est d'une discrétion absolue depuis la nef, ce qui permet des crescendi fabuleux, le corollaire étant qu'il faut briffer les concertistes qui ont tendance à avoir des actions trop brutales sur la pédale. Le paradoxe est que dans le brouhaha des sorties d'offices le public attend que l'organiste commence à jouer son morceau alors que la progression est géniale. JE le sais parce que lorsque je n'ai pas de tourne, JE suis au courant et JE vais écouter d'en bas et fais signe aux paroissiens de ne pas parler sous l'orgue (à cause des micros) mais d'écouter et, ils semblent découvrir (au moins pour ceux qui sont intéressés) quelque chose qu'ils ne soupçonnaient même pas.
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 23:48

L'orgue d'Auxerre est à l'image des orgues construits chez nous depuis les années 70... Un néoclassique pur et dur.

Et comme tous ces orgues... Il est très pauvre en variété de jeux. En gros, c'est trois plein-jeux (GO, Pos, Rec). Il y a quelques petits jeux pour égayer toute cette uniformité (anches du récit, dulciane (bien curieuse...) et voix céleste. Assurément pas des jeux que D. Oberthur aurait mis s'il n'avait été forcé de le faire. (selon ses dires)

Alors pour entendre trois fois la même pyramide sonore, on peut faire comme à Auxerre (trois plans sonores d'intensité différente) ou bien utiliser une ou plusieurs boîtes expressives qui feront le travail.

A Auxerre on aurait pu avoir un positif expressif, mais "ça ne se fait pas", ou une grande boîte expressive pour les anches et mixtures du GO et les fonds du POS, l'autre renfermant le REC et le cromorne du POS (unique anche). Mais on innove pas mon bon monsieur, c'est comme-ça.

Dans un orgue symphonique, la conception est complètement différente: Chaque plan sonore a sa couleur et son architecture propre. Il est parfaitement autonome et se suffit à lui même. On l'enferme dans sa propre boîte expressive pour en doser l'action vis à vis des autres plans sonores.
La registration ne se fait pas en rajoutant des harmoniques ( pas que...) mais en définissant des couleurs sonores qui devront se marier harmonieusement avec les autres couleurs sonores des autres claviers. Bien sûr, dans un orgue symphonique, les accouplements et tirasses sont hyper importants pour réaliser la palette sonore et donc le climax qui en résultera. Rien à voir avec l'orgue néo!


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escolore



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 23:50

Richaud a écrit:


Le retour à l'orgue du XVIII° siècle, soit néo-classique, soit néo-baroque a considérablement amoindri le choix des jeux. Pour comparer, voici la composition du clavier de GO de l'orgue de Dudelange (L) et de Notre Dame de Paris (F)

En son temps, c'était avant le retour au "classicisme français", j'avais été très étonné en comparant la composition d'origine de l'o. des Invalides avec celle de la reconstruction Beuchet. J'avais alors été étonné de la grande perte de variété dans les jeux etc.
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Dim 3 Nov - 23:56

Eh oui, on était déjà en "plein dedans"! affraid 
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Kurt Tank



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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Lun 11 Nov - 13:55

Richaud a écrit:
Orguevirtuel a écrit:
Mais a-t-on fait le tour de la théorie de la partie sonore et de son application ?
Ah ben que nenni!

Les instruments tels qu'ils sont construits en France sont indigents sur le sujet. On connait le principal, la flûte, la flûte harmonique à cause de Cavaillé, la gambe, le bourdon. On peut rajouter la trompette, le basson-hautbois et le cromorne. Les baroqueux nous enrichissent du gemshorn (dont on ne sait pas trop le son qu'il donne vraiment) et des ranquettes et buzène (qui traduit bien le son qui en sort).

Mais la quasi-totalité des facteurs français ignore la différence entre une String, une viole d'orchestre, une Viole de Gambe, un violon, un violoncelle, un cello, une dulciane, un salicional: ce sont des gambes, un point c'est tout.

Pareil pour la flûte d'orchestre et la traverso... C'est une flûte harmonique, un point c'est tout.

Salut,

Comme si le fait de lire toutes ces appellations à la console suffisaient à se faire une opinion sur la qualité d'un instrument et à prouver la compétence et la grande culture du facteur !!

Il me semble que lorsqu'on active la tirette, il y a un son qui sort, hein ; et pis en sollicitant un voire deux neurones supplémentaires, on peut écouter ce qui se passe alors.

les étiquettes, c'est simplement esthétique, et purement académique.
Tous les paramètres subtils de l'harmonisation ne peuvent être traduits seulement par un nom.
Une composition sur le papier, ça donne juste une indication sur l'orientation esthétique de l'instrument ; et encore !

Vous avez une bien piètre opinion de vos collègues.
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Yves Carall

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Lun 11 Nov - 20:38

Le Gemshorn n'est pas vraiment un jeu de baroqueux, on en trouve souvent chez Merklin...
Pour ce qui est des Flûtes, je ne suis pas d'accord non plus. Tout le monde sait que dans la plupart des Cavaillé-Coll et Mutin, la Flûte traversière du Récit est plus étroite, plus "orchestrale" que la Flûte harmonique du GO... Il existe d'ailleurs des spécimens assez particuliers de Flûtes harmoniques (celle du GO de ND du Taur à Toulouse, par exemple, est d'une grande rondeur et domine assez facilement l'ensemble des fonds...).
Les néoclassiques ont prouvé qu'une Dulciane sonne assez différemment d'une Gambe (R.I.P. toutes les Gambes CC, Mutin et autres dépavillonnées et aux dents limées...). Quant aux principaux, je n'en ai encore jamais entendu deux similaires chez un même facteur (mais je n'ai sans doute pas encore écouté assez d'orgues !) : pour reprendre l'exemple de Mutin, je connais notamment un ancien orgue de salon comportant une Montre au GO, assez large et plutôt intense dans l'aigu, malgré des pressions assez basses et une harmonisation générale assez douce, du fait de sa vocation originelle, un autre ancien orgue de salon, ayant eu moins de chance (massacré par Jonet), mais conservant encore un jeu intact, le Principal du GO (pas en montre), plus étroit que le précédent mais pas pour autant gambé, très rond et particulièrement agréable (on peut passer des heures à jouer dessus - c'est même d'ailleurs souhaitable, étant donné que le reste est inaudible !), et enfin un Principal de Positif expressif (ancien orgue de la salle Gaveau) assez proche du précédent mais plus doux.
Notons la présence hélas exceptionnelle des jeux de fonds "stentors" ou "séraphones" : Stentors 16-8-4 dans le Jacquot Jeanpierre de la cathédrale de Verdun (qui a l'intelligence de comporter un Cromorne ET une Clarinette au Positif (8 et 16 pour la Clarinette, d'ailleurs), Starkton-Principal, Starkton-Floete, Starkton-Gamba et Starkton-Geigenprincipal à Erstein (Roethinger), et nombreux exemples bêtement éliminés chez Maurice Puget...
Quant aux anches, il y a quand même beaucoup de variété, même s'il y en a plus à l'étranger. Prenons les Clarinettes : il y a un monde entre celle du Récit de Saint-Ouen de Rouen, d'un velouté incomparable, et celle du Puget de Notre-Dame du Taur (qui comporte encore bien d'autres merveilles), hélas en mauvais état, mais qui fait encore preuve d'un caractère plus franc (on trouve un exemplaire similaire au clavier d'accompagnement de l'orgue de Saint-Exupère de la même ville, lui en excellent état), sans parler des divers exemples à anches libres (la Clarinette du Dalstein-Haerpfer de Saint-Sébastien de Nancy se confond avec les fonds tellement elle est douce).
Pour rester sur les anches libres les plus extraordinaires (hors clarinettes) que je connaisse se trouvent au GO de ND de la Dalbade (encore à Toulouse !) : Baryphone 16 du Positif, Euphone 8 du Récit, vestiges de l'orgue originel (Moitessier). Ces deux jeux ont été restauré avec talent par Gérard Bancells : l'Euphone est particulièrement étonnant, répondant avec une précision peu commune (ceux qui reprochent aux anches libres leur lenteur d'attaque devraient venir écouter).
Je me penche actuellement sur un mystère : le "Cor harmonique" de Mutin (entendez là un jeu d'anches très doux, et non le Clairon en chamade du Sacré-Coeur). Les descriptions du timbre de ce jeu dont il semble ne plus rester d'exemplaires se rapprochent beaucoup du French horn, à se demander s'il a bien été inventé par Mutin ou "copié" sur le jeu anglais... En l'absence de preuves, le mystère reste entier !
Bref, la facture française comporte quand même une grande diversité dans ses timbres !
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Lun 11 Nov - 22:52

Le gemshorn, jeu allemand du XVI° siècle, changera de sonorité au début du XX° siècle (Skinner). Les gemshorn actuellement fabriqués sont plus des dulcianes qu'autre chose.
La flute traversière est de la taille d'un salicional. Elle est harmonique depuis 1850, avant elle ne l'était pas. Sa grande soeur, la flûte harmonique est de la taille d'un diapason. Elle n'a pas le même usage que la flûte traversière, c'est une grosse flûte utilisée pour le maintien du timbre, alors que la traversière est soignée principalement sur ses attaques.

Les néoclassiques ont indifféremment utilisé la dulciane (généralement cônique) comme un gemshorn "version Skinner" (cônique lui aussi) et souvent on trouve des gemshorns marqués "D". En fait il leur suffisait de décaler une dulciane d'un ton et demi pour en faire un gemshorn. Les gambes 8' sont parties à l'élagage pour en faire des doublettes, alors que les salicionals 8' qui commencent souvent à DO2 deviendront des flûte 2'. Coupées au ton bien évidemment.

Les jeux stentors de Jacquot-Lavergne (Verdun 1898), les starkton de E.A.Roethinger (Erstein 1914) sont des jeux installés bien avant la période néoclassique, c'était alors l'apogée technique et sonore de l'orgue. On en est bien loin maintenant.

Toute la liste des jeux que vous mentionnez ensuite sont des exemples d'avant la période néoclassique. Mais jetez un oeil ou une oreille sur les instruments neufs de la période 1960-2000 pour afiner votre jugement.

Pour le cor d'harmonie de Mutin, il y a des pistes à chercher chez son patron ACC puisqu'à saint denis, il y a un Cor d'harmonie-hautbois. A priori, ce serait un genre de basson avec un couvercle comme le cor anglais. Ou peut-être un mélange des deux jeux.

Tous ces jeux ne sont plus pratiqués (autrement qu'en restauration ou reconstitution). Rien de tout-ça à à la cathédrale de Nevers ou à Evreux par exemple.
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DGW

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Mar 12 Nov - 0:31

Richaud:

"...alors que les salicionals 8' qui commencent souvent à DO2 deviendront des flûte 2'. Coupées au ton bien évidemment..."

Évidemment !
Mais en 4 pieds, pas en deux !
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Richaud

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Mar 12 Nov - 9:53

Non, en deux pieds: s'il commence au deuxième do, il fait déjà quatre pieds. Une fois coupé par le milieu il reste deux bouts de 60 centimètres dont un qui parle et l'autre qui sert de postage.

C'est quand il commence au 8', ce qui est plus rare parce-que souvent la basse est commune avec le bourdon 8', alors oui, on a un 4' quand on le bouzille.
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DGW

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Mar 12 Nov - 21:44

Yesse soeur ...
Je voulais dire qu'on le décale en 4.
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Yves Carall

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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   Mar 12 Nov - 23:41

Certes... mais Dudelange aussi, c'est avant la période néoclassique... même si reconstitué plus récemment !

Je pense que tous ces jeux qui sont actuellement oubliés en France vont assez vite sortir de l'oubli... Soyons patients... Un Tuba (un vrai !!!) est prévu dans le nouvel orgue de Radio France...

Ah un exemple, quand même : le "Dermogloste" de la cathédrale de Beauvais a été conservé par Danion, non ? Bon, dommage qu'il n'en soit pas de même pour le Conoclyte et le Terpomèle...
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MessageSujet: Re: "L'orgue" de la salle Pleyel   

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"L'orgue" de la salle Pleyel
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