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 Anecdote d'organiste

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Michel Chazot
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MessageSujet: Anecdote d'organiste   Jeu 14 Jan - 1:52

Tous les organistes ont vécu a un moment donné une situation cocasse, parfois gênante, quelquefois plus drôle. Celle que j’ai envie de raconter ici je l’ai vécu lorsque j’accompagnais Julien pour une messe de Mariage à Sucy (banlieue Parisienne bourgeoise).

Julien avait donc été sollicité pour accompagner cette messe, au grand orgue, dans un répertoire tout à fait traditionnel, dont la fameuse Marche Nuptiale de Félix Mendelssohn, l’Hymne à la joie etc….

Tout avait plutôt bien commencé, sauf que le grand orgue étant en panne (moteur HS), la répétition avait eu lieu dans une autre église de la ville.

La veille du grand jour, on apprenait par le titulaire, que le moteur de l’orgue n’avait toujours pas été réparé….mais qu’on pouvait utiliser un clavier portable….lequel se branchait sur la sono de l’église, elle même située dans la sacristie derrière le chœur….ou bien, un vieil harmonium lui aussi dans la sacristie.

« il n’a pas servi depuis un moment, mais c’est un Poïkilorgue Cavaillé-Coll, qui est pas mal je crois » dixit le titulaire.

On s’est dit qu’on aviserait du meilleur choix sur place en fonction de l’état.

Pour ce qui est du clavier portable, on a pas tout compris apparemment ceux qu’il l’utilisent se branchent dans la sacristie, et suivent le messe du même endroit, via un retour sono sans rien voir !

On s’est alors tourné vers le Poïkilorgue….enfin, le pauvre harmonium qui gisait là contre un mur, qui n’avait l'air de Cavaillé-Coll que la plaque laquelle semblait avoir été rapporté sur un genre de Kasriel en chêne clair…. Bref, nous n’étions pas en avance pour cause d’encombrement routier, et il fallait agir.

L’église se remplissait assez vite. Nous avons donc tiré la bête dans l’église. Inutile de préciser qu’il n’y avait pas de chaise adaptée, et qu’il a fallut empiler 4 chaises de type « salle des fêtes » et un coussin, pour être a bonne hauteur.

Et dès les premiers sons, je me suis demandé comment nous allions pouvoir remplir musicalement la nef de l’église avec un instrument mal adapté, plus destiné a une chapelle…

L’animatrice nous a rejoint pour entamer une dernière répétition discrète. Après les premiers chants traditionnels, elle a dit :

« et donc pour l’Hymne a l’Amour c’est bon ? »

Aille Aille Aille, il y’a eu erreur sur le programme….c’est vrai que l’Hymne à la joie, l’Hymne à l’Amour, y’a de quoi se tromper !! Bref, Julien a l’habitude, et il a pu d’oreille jouer quelque chose de très convenable pour pallier cette erreur.

Toujours de volume insuffisant, je tirais les 2 « Forte » tant bien que mal, cela ne changeait rien, les boutons de registre tournaient dans tout les sens sur eux même….ils n’agissaient sur rien du tout !

Il fallait absolument orienter l’harmonium du mieux possible et nous nous sommes vite rendu compte qu’il fallait le monter à côté de l’autel car des piliers masquaient complètement le faible son qu’il produisait.

« Ni une ni deux », chacun une poignée et hop sur l’hôtel ! Malheureusement, nous avons a ce moment là perdu sur une marche une roulette de l’harmonium….En bon assistant je m’empressait de la ramasser de venir la placer du mieux possible dessous pour le caler, n’ayant pas trouvé de morceau de bois adapté dans les environs…. Ca commençait bien….

Après un silence général, on nous a rapidement fait signe qu’il fallait commencer la Marche Nuptiale….

Do Do Do Dooooooo Do Do Do Doooooooo.......

“Plus fort” ais-je dit a Julien a ce moment là, on entendais vraiment rien “PLUS FORT !! Pompes !! Mais Pompes !! Rien, le biniou donnait tout ce qu’il pouvait, à moitié bancal, l’engin tremblait dans tous les sens, les chaises empilées sous julien se tassaient tout en restant bancales elles aussi, et les mariés entraient solennellement. Et, visible de tous à côté de l’Hôtel (je tournais les pages), je commençais a être pris de fou rire….je me cachais alors derrière ce pauvre harmonium, tandis que Julien se débattait avec la bête dont on commençait a entendre plus un « Couic Couic » d’une pédale, que la célèbre marche de Mendelssohn…

Et puis dans un élan d’effort en pompant, on entendis un grand «CRRRRAC !!!! »

Horreur, la pédale de gauche avait lâché !! Il a fallut finir sur un pied droit !! je n’en pouvais plus, Julien remplissait sa fonction en pestant intérieurement, et le morceau se termina péniblement… Nous nous sommes vite éclipsé dans un coin pour nous remettre de ces émotions. Julien en s’essuyant le front avec un mouchoir, pestait d’énervement et d’étonnement face a cette situation comique et dramatique à la fois (pire, ça aurait pu être un enterrement…).

Il nous fallu retourner a l’harmonium pour finir la cérémonie. Le soufflet de réserve étant visiblement pas très efficace, la musique faisait des « Ouinnn Ouinnn » je me suis mis a quatre pattes, dissimulé, et j’ai attrapé la sangle de la pédale rompue, pour essayer de compenser les manques en tirant dessus…..

Nous avons terminé ainsi cette cérémonie, et visiblement les mariés on malgré tout appréciés, et nous ont remerciés d’un sourire complice pour les efforts que nous avons mis en œuvre afin d’assurer leur messe de Mariage.
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Julien Girard
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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Jeu 14 Jan - 2:11

Laughing Laughing Laughing me suis bien marré à relire cette histoire Surprised
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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Jeu 14 Jan - 13:51

Vous avez joué de l'harmonium dans un Hotel près de l'église, ou vous étiez près de l'Autel dans le choeur ?
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Julien Girard
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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Jeu 14 Jan - 13:57

rhooo Michel ! enfin ! l'autel à l'église !!! Laughing

(je corrige)
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MessageSujet: ouf!!!   Ven 12 Mar - 5:34

Non, mais vous vous êtes bien tirés d'affaire!!! Parfois les instruments de réchange sont mauvais, sinon pire que l'option originale... J'ai vécu quelque chose de semblable... un biniou éléctronique qui marchait à merveille avant le mariage quand j'ai répété avec le trompettiste et le chanteur, a decidé de faire la loi muette juste comme la cérémonie commençait! Et je devais jouer le canon de Pachelbel pour l'entrée de la Mariée donc, nous avons pris nos cliques et nos claques et nous avons couru vers le piano qui se trouvait à un coin de l'église (sans savoir s'il était ou non fermé à clé)... quand nous sommes passés devant la mariée qui attendait son entrée, elle et me demanda: "Nina qu'est-ce qui se passe?" quand je lui ai dit que l'orgue ne marchait pas, elle a failli se mettre à pleurer... je lui ai dit que j'allais au piano.... Bon, il était ouvert, phew, mais, l'effort d'adapter une partition d'orgue au piano, fut tout un défi.... sans compter le son qui n'était pas fameux... les étouffoirs qui n'étaient pas trop fiables non plus... le trompettiste et le chanteur m'ont très bien appuyée car je me sentais comme un cowgirl sans cheval.... globalement, tout s'est bien passé, mais c'est un truc que j'aimerais pas revivre....
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MessageSujet: Misère   Dim 21 Mar - 3:05

Salut à toutes & tous. Je saisis au vol ce post rigolo, afin de vous relater l'ordinaire qui faisait loi dans une cathédrale du Sud-Ouest de la France, voici quelques années. Aujourd'hui, après un heureux changement d'évêque, les choses ont fort heureusement changé et l'orgue a enfin retrouvé une place de choix, tout comme les chants dignes de ce nom! En outre, ce texte fut à l'époque édité, dans une revue musicale locale, qui faillit bien me causer les pires ennuis auprès d'un clergé qui n'avait pas le sens de l'humour! Pardonnez-moi, car c'est un peu long...


ORGUE EN LETHARGIE
Programme de l'Orgue à l'occasion d"une Grand-Messe des Familles du " DIMANCHE DE PAQUES" 2003, quelque part en diocèse de Bayonne...


ENTREE EN PROCESSION: Peuple de baptisés.

En attendant, à l’autel, innommable bazar et éclats de voix. Gesticulations. Souk. Courses dans les
allées.
Répétition déphasée, administrée par un pseudo guitariste surprise, venu avec ses rythmes rigolos, désagrégés et boiteux qu’un prix de Rome serait dans la totale incapacité de prendre en dictée.
L’heure du début de l’office est maintenant passée de quelques 10 minutes. Confusion et anarchie.
"Alors, ce chant, on y va ou pas ? !" (...voix Off, à la tribune!)
Tout à coup, apparemment plus de chant, mais exigence et force réclamation de l’orgue directement au micro. Bienvenue au royaume de la délicatesse et du savoir vivre.
L’entrée est déjà consommée et la moitié de la procession est au pied de l’autel mais, après cette annonce genre "Comice Agricole", il faut vite jouer quelque chose. Mais quoi et, surtout, dans quelle esthétique ?
Malaise oppressant des jours de grand ridicule. Improvisation sur l’Alléluia de Pâques totalement intruse, poussiéreuse, déplacée et inutile, affreusement éloignée du genre précédant, lui même indéfini. Bref ! Horrible et insupportable mariage des genres.
…encore et toujours le marché aux bestiaux, en bas. Je cherche une contenance qui ne viendra pas. Sentiment de métier mal fait et de honte profonde.

CHANT DE PROCESSION: …après la procession, c’est dès lors évident. Peuple de baptisés, donc.
Exception faite du mot clé "Alléluia" glissé dans le refrain, aucun rapport direct avec le thème du jour.

GLORIA: Gloire à Dieu il est grand, gloire à Dieu il est bon, tralala, clap clap et déhanchements à volonté, avec les gamins qui consentent à faire comme si.
Horrible et bête à la fois. Machin sans aucune solennité. Nul et très honnêtement laid. Genre "Big-nit" après avoir fumé la cigarette de trop et mélangé tout ce qui ne pouvait pas l’être. Pas la moindre compétence musicale ou artistique ne se dégage de cette insupportable erreur. Bref ! Gloria sans orgue, le jour de Pâques.

PSAUME: Ce jour que fit le Seigneur…
Parlons-en. A une voix et sans originalité. Versets des dimanches ordinaires. Sans la moindre saveur, ni bonne, ni mauvaise. Sans aucun danger pour personne. Automédication sans risque.

ALLELUIA: Dieu est une fête aujourd’hui, c’est lui qui l’a promis, oh oh oh oh oh ! Olé olé, avec guitare.
Alors là… Vue imprenable sur le ridicule. Applaudissements. Comble et sommet de l’ânerie inconsciente. Apogée de la caricature nouvelle vague. Descente en eaux troubles. Brasse au milieu des boulettes de fuel, la béatitude en plus.
Exit l’Alléluia de Pâques, donc. Noël sans "Il est né le divin enfant". Coup de grâce dans le nez de l’ordre du jour !

EVANGILE:
…illustration avec pancartes et dessins portés à bout de bras, pour éduquer les ânes qui clament leur amen sans rien comprendre. Incohérentes et incompréhensibles gesticulations. Les binoclards d’en dessous de la tribune n’y voient que des ombres. Faisant malencontreusement partie des deux castes depuis que j’occupe ce poste, je témoigne de la parfaite inutilité de ce genre de tralala. Cà me rappelle toujours quelque manif. Donc, comme chacun sait, peine perdue et sans aucun intérêt.

HOMELIE: pour les enfants seulement. Tous ceux qui ne se sont pas croisés de la semaine profitent d'une ruée vers la sortie. Au même moment, un jeune couple accompagné de ses deux enfants me passe devant, direction la sortie. "Est-il encore possible de trouver une messe quelque part?". La maman lâche un: "Complètement débile" retentissant aux gens qu’elle croise dans l’autre sens et qui marquent un arrêt pour le moins interrogatif, les yeux exorbités, façon Astérix avant la fatidique volée de poissons. L’organiste est dehors, qui prend l’air en se faisant violence pour observer fidélité envers son bien malheureux orgue, mais le désir de définitivement tout abandonner ce matin là l’obsède réellement.
Profond sentiment de totale et globale inutilité. Pensée fugace pour un ami qui joue, forcément ailleurs, de belles choses et qui improvise sur le thème de Pâques. M’enfin… Retour au poste de tir.

PROFESSION DE FOI: Dialoguée… blêblêblê

ASPERSION: ici non plus, absolument rien n’est défini dans le torchon qui est servi à l’organiste en guise de conducteur. De toute manière, ils n’ont aucune idée de ce qu’est un conducteur. Il faut dire qu’ils ne veulent pas non plus se laisser expliquer. Une intervention de l’orgue est alors "hélée" au micro, comme s’il allait s’en suivre un extraordinaire numéro de cirque. Oups, vite une idée avant qu’ils n’insistent. Laissons tomber le thème grégorien de circonstance qu’ils n’ont certainement jamais entendu et c’est parti. Plus la moindre concentration possible dans un tel état nerveux… Deux jeux au hasard en prenant soin d’en choisir deux qui ne peuvent pas se supporter, et hue cocotte ! Improvisation sur l’eau vive. Après tout, là au moins, ils connaissent et je ne risque pas d’être hors sujet. Leçon d’harmonie pour le guitariste en passant par la Lorraine, éclaboussures diverses via un pont quelque part en Avignon et retour à sa petite qu'est comme l’eau, …vive!

PRIERE UNIVERSELLE: Aucune idée.
Pas de partition. Pas de référence. C’est pourtant facile, y’a les paroles, qu’y disait. Bof... Ploum-ploum en faisant mine d'en être incapable. M'en fous totalement...

PROCESSION DES OFFRANDES
Rien n’est demandé, alors que la haute intervention de l’orgue y est habituellement spécifiée. Allées et venues désordonnées dans le chœur. Confusions en tout sens. Suis dans la totale incapacité à comprendre ce qui ce passe et, surtout, à prévoir un tant soit peu ce qui va encore arriver d’un goût… Plusieurs manèges tournent autour des micros, sans que personne n’y laisse jamais rien tomber. Dans la crainte, je ne joue rien. Finalement, la procession arrive à l’autel via l’allée centrale, qui n’apparaît pas dans mon rétro, pourtant bien dimensionné. Preuve supplémentaire que ceux qui ont prévu tout ce tralala n’ont tenu aucun cas de l’orgue. Il doivent s’imaginer que celui qui fait "pouêt-pouêt" là-haut jouit d’une vue panoramique imprenable sur tout l’édifice et agglomération urbaine environnante, et qu’il lui suffit donc de lever un peu les pieds pour apercevoir tout ce qui se passe entre le porche et le bistrot d’en face. Bref ! Il fallait jouer.

SANCTUS: …des dimanches ordinaires.Tout à coup, l’ordinaire le plus fade devient inimaginablement jouissif, confortable et douillet.

NOTRE PERE: dit du Burkina Faso ( accompagné de cette note de service: à Alléluia, lever les bras!
"Oui, oui... Notre Père & Alléluia en même temps. Là, ça le fait, quoi..."!
J’invite pourtant ardemment celles et ceux qui ne connaissent pas cette chose abjecte à parfaire leur instruction sans plus tarder. Totalement profane, donc, et très largement utilisé dans une série télévisée pour les "enfants", mettant en scène une marionnette à taille humaine animée par un acteur déchu ayant eu les pires déboires avec la justice, "à cause" de sa passion pour les enfants, justement !
Ils voulaient que j’accompagne ce machin-là à l’orgue. Argument imparable: "Absolument impossible en levant les bras"! C’est mieux à la guitare. De plus, quand le guitariste a les bras en l’air… c’est toujours çà de gagné ! Je me souviens qu’un accord très faux revenait sans cesse au même endroit, tel un tic, un grattage impulsif derrière l’oreille, une démangeaison mal placée.

AGNEAU DE DIEU: Donne la paix, tra lala la, tra lala la à ton frè-re (bis)
Accompagné à l’orgue façon guitare, mais avec des tuyaux et des accords justes. Une longue hésitation au démarrage, cependant, venue du fait que l’organiste, on ne sait comment, a donné le ton en FA à la main droite, et en … FA# à la main gauche. "Aller, mais c'est pour riiiiire"...

COMMUNION: Le Christ est vivant, tralala, tsoin tsoin….
Il était temps. Accompagné à l’orgue, par dessus les claquements de mains et les roulements de pieds façon danse indienne à l’ombre du totem. Toujours très original quand on sait qu’au bout d’un moment, il devient presque possible de distinguer chaque claquement, ceux qui sont en avance rattrapant immanquablement ceux qui semblent fort être en retard ! Ajoutez à cela le seul fait que plus personne ne chante dans le micro et que, toujours pour rire et de ce fait, l'orgue joue vraiment autre chose et dans un autre ton.
Applaudissements et congratulations à outrance. Une résurrection, çà vaut bien çà !

SORTIE: ( ?)
Que faire pour ne pas déparer, pour cadrer avec toute cette marmelade ? !
Ne pas oublier de couvrir et de recouvrir le brouhaha qui vient d’en bas, si l’on souhaite s’entendre confortablement jouer. Oublier, pour quelques minutes à peine, ce que l’on est venu faire ici… presque enfin décidé, depuis les années de ruminance, à quitter ce matin même un métier qui ne me plait plus, vraiment plus.
Valse. Valse de manège. Ré mineur, comme il se doit. Ultime hommage à la tonalité viscérale du Grand Pierre. Ternaire bien distinct, façon orgue de foire, avec toutes les variantes rythmiques et progressions qui vont avec. Attention au décollage et gaffe aux tympans.
Hééééééé… TUTTI de folie avec dix doigts à chaque main, octaves graves et tout le tremblement. Nous voilà partis pour "Les amants de la Saint Jean", à la manière "Cinéma de Minuit", malaise ambiant et climat tragi-comique à couper à la hache. Refrains sans aucun masquage, parfaite justesse et décibels plein-pot, avec seuls les "versets" improvisés à la manière de, histoire de ne pas laisser croire au plus petit soupçon de mauvaise volonté. Bain de folie, fureur, rage et hystérie, les narines à la place des yeux et les oreilles qui sifflent la haine, la rage et la tristesse, conscient de la gravité du moment, de l'ultime Tutti. Mais, au fil des mesures, un pur régal. Ca fait du bien et çà sonne du feu du Diable. Le grand Lefébure ne se serait jamais privé d’un tel plaisir. Un effet à couper le souffle ! Un souffle à tout anéantir, même le pire ! Le pire... Le pire...
...j’ai été applaudi tel l’être extraordinairement exceptionnel que l’on ne croisera qu’une seule fois et pour toute une vie, en cette belle matinée d’un jour de Pâques. J’ai presque envie de leur crier que ce n’était que moi, comme dimanche dernier, celui d'avant, et peut-être, finalement, le prochain.

…tranche de vie anormalement étrange, durant laquelle bonheur rime douloureusement avec gêne et horreur, bien impudiquement avec peine…
Lorsque je lève mes yeux, l’adorable petit ange qui vit dans le buffet, dans son égale et infinie douceur, me sourit encore, tendrement... Etourdi et empli de cette magnifique image, j’aurais mieux aimé l’écho, en ré mineur, des pierres… puis le vide d’un dimanche matin comme un autre.


S'ils font une refête la semaine prochaine, puisqu'ils aiment ça, je leur ferai "Le retour des hirondelles". A ce propos, nous n'en avons plus aucune à la maison, depuis maintenant deux ans... Certainement un rapport avec les pesticides... Encore et toujours les pesticides. Tenez, l'autre jour, j'écoutais une émission à la radio, dans laquelle il était questions d'un débat politique, donc d'intérêts, à propos de l'enrobage du maïs de semence et de champs entiers bordés et décorés d'oiseaux morts, comme de la dissémination aveugle de tous nos petits passereaux, qui...
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darinze



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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Jeu 19 Jan - 17:04

bon sang,; mais quelle descente aux Enfers, Barker !
Prenez un quart de Lexomil avant la cérémonie, enfoncez-vous des BAB dans les oreilles et jouez pour vous ! Vous êtes la personne la plus importante au monde, avant tous les autres Wink ne l'oubliez pas !
Grâce au Lexomil au moins, si vous jouez un truc sans rapport avec le contexte, 1) vous vous régalerez dix fois plus et 2) en plus, vous vous en foutrez royalement !



Je vais vous raconter une anecdote.

Ceux qui me connaissent savent que je suis un tout petit organiste sans prétention, dans le sens où je n'ai jamais fait d'études sérieuses de cet instrument.
Il faut malheureusement rajouter à cela le fait que je suis un mécréant assumé, totalement hermétique aux choses de la religion...
En bref, c'était pas gagné quand le Bon Dieu a voulu absolument cocher sur mon profil la case "jouera de l'orgue". Mais comme Il n'aime rien tant que la difficulté...

Alors voilà : la vie m'a foutu entre les pattes un instrument que l'on ne trouve que dans des églises (ou de riches salons que je ne pourrai jamais m'offrir). Il fallait faire un choix: changer de passion ou faire avec. J'ai décidé de faire avec...

Afin d'accéder à un orgue, j'ai donc commencé quelques accompagnements de messes dans une petite église, et en retour on m'en a confié les clés.

Un samedi soir, pas de maman à la maison, fifille a huit ans, impossible de la laisser seule, donc je l'embarque. Je l'assieds à côté de moi sur le banc de l'orgue et je lui intime l'ordre de se tenir tranquille. Pour avoir la paix, j'arrache une page du missel et je lui fais faire un dessin (non, là j'exagère, je n'ai quand même pas saccagé un missel mais utilisé une vieille partoche).

Bref, la messe se passe, tranquille, no problemo, la petite assure comme une bête.

Seulement, une heure à rester assise, c'est un peu long, et comme le pupitre de l'orgue est placé à même le sol, sur le côté de l'autel (c'est une console indépendante), tout le monde me voit. Impossible donc pour la nénette d'aller se dégourdir les pattounes. Au bout d'un moment, elle se met à gigoter, s'agite, glisse du banc et pose ses deux panards sur le pédalier.

En prévision du morceau de sortie qui va pas tarder, pratiquement tous les jeux sont tirés. Enorme ramdam qui déboule des tuyaux pendant que le prêtre fait ses oremus orbi et fourbi, et la petite, terrorisée, qui captait pas que c'étaient ses pieds qui déclenchaient le patacaisse, qui s'agitait de plus belle sur le pédalier...

Le pire, je pense, c'est que les paroissiens ont forcément entendu les "nom de Dieu" que j'y disais en tentant de la remonter tant bien que mal sur le banc...



désolé si mon franc parler en choque certains
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MessageSujet: Orgue   Ven 20 Jan - 13:31

Haha... Trop marrant. La petiote s'est mise au claviers, depuis ??
Marrant, encore, mon expérience, que celle de fourguer mon nom sur le moteur Google, manière de voir si j'ai des oncles en Amérique. Je suis tombé sur ce lien rigolo:
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=jean%20francois%20ouilhon&source=web&cd=9&ved=0CFUQFjAI&url=http%3A%2F%2Farchives.leforumcatholique.org%2Fconsulte%2Fmessage.php%3Farch%3D2%26num%3D22901&ei=SEEZT6WqJIWj8QOM8bywCw&usg=AFQjCNG_VeiJLDIagT6mtxGSHDvGSwtFCQ&cad=rja
Y'en a même un qui dit que je contribue à la descente ! tongue
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darinze



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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Ven 20 Jan - 17:15

Elle a dix ans aujourd'hui, s'amuse de temps en temps au piano mais cela ne va guère loin (une petite mélodie à deux voix que je lui ai apprise sur la comptine Pomme rouge de l'automne...)
Je ne m'en soucie pas trop, l'appel de la musique intervient des fois plus tard...



(ps) ça a l'air d'être des sévères sur le forum, là...
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osmose

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MessageSujet: re : anecdote d'organiste   Sam 7 Avr - 15:55

Un beau dimanche de juillet dans les années 80, abbatiale de Moissac (82)... C'est jour de marché, les vacances sont là, la nef est pleine. Un bon copain (pas musicien pour un sou à son plus grand déchirement) a décidé de me tenir compagnie à la tribune pendant l'office dominical. C'est vrai qu'en plus la vue est imprenable. Les entrailles de l'instrument le fascinent depuis toujours, et il décide de partir en exploration pendant l'homélie. Pas le temps de le mettre en garde sur les périls du moment... (l'hygrométrie du moment impose certaines dispositions)... quelques secondes plus tard retentissent simultanément un vacarme de chute et de bassines métalliques renversées, un 'plouf' annonciateur de désastre et un "m***de" particulièrement sonore... tandis qu'une vague d'eaux peu ragoûtantes s'abat sournoisement sur l'assistance pétrifiée demeurée en-dessous de la tribune (elle qui pensait avoir là un emplacement de choix ...). Grand blanc dans le public... je pique un fard et me fais tout petit sur mon banc tandis que la célébration reprend tant bien que mal son cours (notre bon curé avait du mal à retenir quelques sourires devant le triste aspect de certaines toilettes et quelques mines passablement défraîchies).
Aujourd'hui, on ne jouera pas les prolongations... sitôt la messe finie, je m'éclipse par les hauteurs en compagnie du coupable qui a terminé de sécher (il a eu, lui, la chance de passer le premier dans le bain quand l'eau était propre) et nous sortons en catimini par le cloître.
Un grand moment de honte est vite passé dit-on... c'est effectivement vrai, mais j'ai laissé s'écouler un peu de temps avant d'emprunter à nouveau l'accès ordinaire par la nef. Après une quarantaine prudente, le 'carré maudit' quant à lui a fini par se repeupler lui aussi, mais toujours avec une certaine réticence aurait-on dit.
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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Sam 7 Avr - 21:38

Raconté par Jacques Berazza, titulaire de l'orgue de Dole, dans les années 80 (Ça ne nous rajeunit pas !).

La veille d'un jour de fête, à Dole, Jacques Berazza reçoit à la tribune Francis Chapelet. Jacques s’apprête à jouer le Grand Dialogue, de Marchand, qu'il prépare pour la sortie du lendemain.
Là, Francis lui fait remarquer que, sur la partition, quelques mesures avant la fin, il y a une astérisque. Que signifie-t-elle? Francis prétend qu'à l'époque, pour faire grand effet, on faisait éclater un pétard à cet endroit là.
Voilà nos deux compères partis en ville pour acheter des pétards. Des gros. Des pétards à corbeau ...
Au jardin, les voilà à chronométrer le temps que met la mèche de l'un d'eux à se consumer afin de déterminer l'endroit de la partition où en allumer un autre.

Le lendemain, la messe se termine. Sous le côté de l'orgue, Francis, le pétard dans une main et un briquet dans l'autre, s'apprête à y bouter le feu. Au signe de tête de l'organiste, la mèche commence à brûler. Erreur de durée, vite, Jacques reprend la mesure précédent l’astérisque et, au moment voulu, une énorme explosion retentit couvrant la fin du grand Dialogue et une intense fumée se dégage du buffet d'orgue.
La sortie se fit dans un désordre indescriptible, tout le monde croyant que l'orgue avait explosé et pris feu ...
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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Lun 9 Avr - 16:28

deux petites anecdotes (excellent le coup du pétard!), que du grand classique:

j'étais très jeune à l'époque et ma soeur accompagnait à l'orgue une messe ordinaire. Monté à la tribune, je touchais un peu à tout; jusqu'à ce qu'elle me dise: attention à ce micro, il est branché. Et bien sûr moi j'ai fait un gros "AH OUI?" bien amplifié dans toute l'église, pendant le sermon du curé. Bonjour le fard et le fou rire.
Des années plus tard, j'accompagne un office à la cathédrale. je lance la doxologie, et comme d'hab le curé (paix à son âme) entonne l'autre air, me laissant "con" avec ma note. Je sors un gros "put** m*rd* fais chier". Bon j'avais juste oublié que j'étais à l'orgue de choeur. Very Happy
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darinze



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MessageSujet: Re: Anecdote d'organiste   Ven 18 Mai - 17:24

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Anecdote d'organiste
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