Réflexions préliminaires
1/ Beauté originalité et praticitéJe considère que les possibilités de simulation sont telles qu'il serait dommage de négliger le plaisir de jouer sur sa console. Celle-ci devient un instrument de musique à part entière, comme un piano, elle servira à apprendre la musique à mes enfants, elle doit durer et avoir l'aspect d'un véritable instrument. Si on considère que les modèles "tout en un" allemands ne sont pas véritablement à notre goût, il est intéressant de faire du sur mesure qui fera de notre outil un instrument unique. On en vient même à réfléchir à un certain nombre d'améliorations qu'on ne retrouve que rarement dans le commerce et qui pourraient nous être profitables.
Ainsi une console maison pourra réunir les trois ingrédients essentiels pour le plaisir:
beauté, originalité et praticité.
2/ Quels besoins?La question va rapidement se poser de savoir combien on veut de claviers. Elle n'est pas si anodine que cela car elle va conditionner pas mal de choses: le budget, l'esthétique, les possibilités...
On peut considérer qu'avec les accessoires modernes, un orgue n'a plus véritablement de raison d'avoir plus de trois claviers. Au début j'étais assez surpris de voir beaucoup de consoles avec facilement 4 ou 5 claviers. Or le nombre d'orgues réels ayant ce nombre de claviers est somme toute assez limité, même parmi ceux des banques de sons. On pourrait croire à une manifestation de "kikitoudur" mais en réalité il y a une chose qui diffère beaucoup entre un VPO et un véritable orgue: l'interfaçage des registrations. Les contraintes font qu'il est assez facile de jouer un instrument de deux claviers sur une console de 4 avec des registrations et accouplements prédéfinis sur les différents claviers. permettant de passer assez facilement de l'un à l'autre (par exemple un cromorne sur l'un, un nazard sur l'autre, les fonds sur le troisième et une basse de trompette sur le quatrième)... Bref, même si on ne peut totalement réfuter l'idée de "celui qui a la plus grosse", multiplier le nombre de claviers pour un vpo peut se comprendre.
Pour ma part je suis resté à l'idée d'un trois-claviers qui me semble pouvoir faire face à la majorité des orgues à simuler. Si l'instrument de la banque de son possède deux claviers, on pourra placer I+II sur le III ce qui évite de jouer de l'accouplement. Pour les instruments à 4 claviers ou plus, qui sont peux nombreux, on configurera suivant les compositions des plans sonores et la musique qu'on joue.
Partir sur un 3 claviers me semble être un bon compromis coût, encombrement, possibilités.Cette décision, de fait, m'obligeait à construire la console par moi-même puisque, une des grandes facilités pour avoir un VPO est de partir d'une console analogique existante: or elles sont presque toutes exclusivement à 2 claviers. Ainsi je dirai que pour une personne souhaitant un 2 claviers, partir d'une console achetée d'occasion reste le meilleur rapport qualité-prix qu'on puisse avoir; pour peu qu'on ne soit pas réfractaire à ses claviers (qui peuvent être de plus ou moins bonne facture) et de son design (idem).
Le point de blocage suivant de tout passage au VPO est le pédalier. Il faut évidemment partir sur un pédalier 30n ou 32n, concave normes BDO (mais parallèle, puisque c'est ce qui se rencontre le plus par chez nous). La qualité de fabrication doit être importante pour ne pas avoir à faire à des marches en plastique avec ressorts qui sautent. Il existe un ou deux sites internet expliquant la construction complète d'un pédalier. Néanmoins, c'est plutôt réservé à des bricoleurs avertis ayant du temps, du matériel et de l'espace. Les meilleurs solutions sont souvent de récupérer un pédalier d'occasion qu'il faudra midifier. Sinon acheter un pédalier midi chez nos amis teutons. La qualité est (à ce qu'on m'a dit) assez moyenne. Le prix est élevé: 1500 euros... (il existe des pédaliers "homme made" sur internet pour 750 euros mais ils sont de très piètre qualité et assemblage...) Pour ma part j'ai la chance de pouvoir récupérer un pédalier Gonzalez 32n qu'il faudra juste midifier.
Concernant les facilités, je suis parti sur une pédale d'expression et une pédale de crescendo. L'objectif est de pouvoir utiliser un grand récit expressif, et de ne pas s'emmêler les pédales. de plus je ne suis pas encore totalement convaincu de la simulation concernant les boîtes expressives. Il est clair que ce n'est pas seulement une question de réglage de volume du plan sonore mais aussi des réponses aux harmoniques et des différentiation bouche-anches. Pour le peu que j'ai pu voir, y'a du progrès à faire (ou alors des réglages à affiner!).
Enfin le dernier point de blocage reste l'interface et notamment les boutons et tirants de registres. Celui-ci nécessite un paragraphe dédié tant il a pu me préoccuper.
3/ L'interfaceNous abordons un gros problème. Le tirage des jeux et autres combinaisons se font en cliquant à la souris dans le logiciel. C'est éminemment anti ergonomique et coupe toute tentative de simuler une situation "réelle".
A terme cette solution est à déconseiller.Il reste donc trois solutions de base:
- garder l'interface informatique et utiliser un ou des écrans tactiles pour pointer du doigt sur les jeux qu'on "tire"
- utiliser des boutons ou tirants de registres qui seront reliés aux canaux de commande HW
- utiliser un séquenceur et quelques combinaisons ajustables.
la deuxième solution a l'avantage de l'authenticité et de l'esthétique. Néanmoins elle renchérie de manière non négligeable le projet. Il est encore assez aisé de faire des tirants de registre avec des pommeaux qui seront des boutons de tiroirs qu'on trouve en quantité au BHV par exemple. Préférer la section carrée, ou s'assurer que la section ronde du tirant ne puisse tourner. Reste deux problématiques:
D'abord combien de jeux choisir et comment les nommer? puisque par définition on change de banque de son, donc d'instrument, donc de composition. Faut-il utiliser 64 tirants (carte midi 8X8) pour couvrir presque toutes les compositions sous HW? leur donner un numéro et se souvenir que pour St Maximin le 32 c'est la trompette de 8 du GO tandis que pour Caen c'est le basson de 16 du récit? Et dans le cadre d'un orgue de 75 jeux? faut il aller alors à 128 tirants pour être tranquille?
Ensuite si des tirants de type "orgue baroque" sont assez aisés à reproduire, concernant des tirants "romantico-symphoniques", avec pommeau porcelaine et nom du jeu, c'est quand même
beaucoup plus dur et onéreux. Reste après à placer tout ça en fenêtre ou en gradins... ce n'est pas simple à intégrer et cela nécessite de la place.
Pour avoir discuté avec pas mal d'utilisateurs d'HW, il fallait se rendre à l'évidence,
la solution de passer par des tirants de registres n'était viable que pour un projet: celui de reproduire la console d'un orgue qu'on apprécie et qu'on joue quasi exclusivement en simulation. Imaginez sur un trois clavier, décider qu'on veut surtout jouer le CC de Caen, alors, on pourra faire une console en gradins avec tirants de registres comme dans la version originale. Là , le plaisir prendra tout son sens. Et puis, quand on jouera sur d'autres instruments, on pourra utiliser d'autres solutions. Il est possible de commander les porcelaines avec le nom des jeux chez
laukhuff encore que je n'ai pas essayé ni demandé de devis. j'avoue que cette solution m'a tenté quelque peu, mais le coût dépassait mon budget raisonnable. Le dessin 3D de la console était fait, il fallait ajouter les tirants de registre avec porcelaine et feutrine, bref on obtenait un fort beau meuble, unique en son genre, mais cher (bon la moitié des grandes consoles teutonnes avec knobs lumineux partout, mais trop cher pour moi).
Ceci étant, ceux que cela intéresse et qui ont les moyens (on peut aussi par exemple partir sur un silbermann plus petit...), la solution de l'authenticité pure peut être intéressante.
Il a fallu donc, à regret, abandonner cette idée de tirants de registres. Cela rend la console moins sympa, mais finalement aussi, moins large et encombrante... tout n'est pas négatif.
Le tactile: oui mais...LA solution idéale semble d'équiper le meuble d'un écran tactile. Je n'aime pas ces écran posés sur les côtés avec câble et toutim...il est vrai que des écrans tactiles sont facilement en vente sur internet. J'ai d'abord essayé de créer un meuble intégrant ces écran. C'est une solution, il suffit juste de créer une fenêtre et un maintien de l'écran par l'arrière. Une autre solution est d'utiliser un portable avec écran tactile. On le sort alors via un tiroir à côté des claviers. Cela permet de conserver l'esthétique de la console "au repos". Néanmoins on est tributaire des caractéristiques techniques de ce portable: et elles ne sont pas super folichonnes, notamment en RAM pour gérer HW.
Le séquenceur: indispensableDe mes connaissances pratiquant HW, le séquenceur est tout simplement indispensable et parfois suffisant avec quelques boutons de combinaisons. on règle les registrations sur l'ordinateur, puis on bascule ses registrations avec le + et le - a proximité immédiate des mains ou des pieds sur la console.
Un melting pot: finalement la solution?L'idée de base est d'avoir effectivement un séquenceur. Mais j'avais toujours cette impression que la console dépendait trop de l'ordinateur et j'aurai aimé faire oublier celui-ci. Pour cela j'ai un projet:
en plus du séquenceur, ajouter une tablette tactile pour gérer les appels de registres. La tablette est reliée sans fil à l'ordinateur qui peut être plus loin dans la pièce et reproduit son écran (un logiciel à 1€49 le permet, mais j'utilise VNC lite qui le permet aussi, gratuit) . La tablette peut être enlevée une fois la console au repos et elle peut servir pour d'autres choses. Je m'intéresse à cette solution car je possède déjà un mac et un iPad (que j'utilise pas mal pour le surf, les jeux des enfants, les mails..etc...). Pour moi la solution à prévoir est donc un design de console permettant l'intégration facile de la tablette; l'ordinateur restant sur le bureau.
Pour l'esthétique, je ne m'interdis pas le fait de prévoir quelques tirants de registres qui dans ce cas commanderaient des combinaisons à définir.
Il est évident qu'il ne faut pas acheter la tablette tactile si l'on n'a pas d'autres besoins. Les écrans restent moins chers et plus grands...
4/ l'amplificationPour l'instant, la solution casque est envisagée, elle permet de jouer à toute heure sans énerver les voisins ou notre dulcinée.
5/ praticitéJe recherche la praticité pour cette console, des choses qu'on ne retrouve pas dans le commerce:
- d'abord, le truc qui fait que le meuble prend de la place, c'est le pédalier. L'intérêt du midi est qu'il est possible de faire un pédalier rétractable pour que la console au repos se fasse discrète.
- ensuite la console pourra prévoir des rangements pour les partitions
- enfin le pédalier, encore, peut également se rehausser, permettant ainsi aux enfants de commencer à jouer avec les pieds, chose qu'ils ne peuvent pas faire en baissant le banc (car là , ce sont les claviers qui seront trop hauts).
voilà les trois "innovations" pratiques qu'on doit essayer d'intégrer dans une console maison.
6/ choix des claviersComme déjà indiqué, soit vous pouvez récupérer des claviers, soit vous actez pour des claviers midi m-audio 61 qu'il faudra stacker, soit vous vous renseignez auprès des revendeurs de claviers midi pour orgue suivants:
FATAR en Italie, lui c'est un fabriquant qui livre partout dans le monde, par contre il vous faudra un numéro de TVA intracommunautaire.
UHT la Rolls des claviers. les fabriquent-ils eux mêmes? je ne sais pas, mais a priori les prix sont les plus élevés.
midiworks qui propose des solutions basées sur les claviers fatar...
Vu qu'ils ont un catalogue très complet avec une belle palette de prix, et vu leur réputation, j'ai choisi Fatar comme fournisseur. Ce type de clavier:
